04/12/2013

Enquête....

Voici enfin les résultats de mon enquête auprès des différentes personnalités gravitant autours de la scène des arts tribaux himalayens.....Je tiens à remercier tous les participants d'avoir pris le temps de répondre à mes questions et de m'avoir fourni des textes, pour la plupart, plus qu'intéressant !!!!!!

Here's finaly the results of my survey about the different personalities from the himalayan tribal arts scene....I would like to thanks all the contibutors for giving me so interesting texts !!!!!

 

Les deux questions posées étaient :

1° Comment avez-vous découvert la sculpture primitive de l'ouest du Népal (ou plus généralement les arts "tribaux de L'Himalaya) ?

2° Pourquoi avez-vous été attiré par celle-ci ?

 

The two questions were :

1° How have you discovered the nepalese tribal sculpture (or in gross the himalayan "tribal" arts) ?

2° Why have you been attracted by this form of art ?

 

VOICI LES REPONSES / HERE ARE THE ANSWERS :

 

(Il est à noter que tous les textes publiés ci-dessous restent sous le copyright des différents auteurs /all the texts published here stay under the copyright of the authors)

 

 

179473_1849982374009_1374235145_2072988_8359638_n_4.jpgMarc Gaborieau : Auteur et ancien Directeur de recherche au CNRS (France) :

1) J'ai découvert les sculptures "primitives" de l'ouest du Népal au milieu des années soixante en me documentant sur la région et en préparant les enquêtes que je devais y faire entre octobre 1967 et mai 1968 sur les divinités villageoises, en particulier le dieu Masta. Ces statues avaient été signalées par les premiers chercheurs qui avaient exploré la région, en particuliers deux d'entre eux qui ont écrit sur le sujet: Giuseppe TUCCI (1956) et David SNELLGROVE (1961). J'ai été le premier à réunir une documentation photographique détaillée, et à parler de façon précise de leur fonction d'ex-voto, de leur fabrication et de leur donation par les artisans intouchables, ainsi que de la délimitation de l'aire limitée où on les trouve (Pour les détails voir mon article sur le dieu Masta, Objets et mondes IX (1), 1969, pp. 28-29).
 
J'étais alors loin de me douter que cet art mineur et très localisé allait susciter un tel intérêt chez les collectionneurs et devenir l'objet de spéculations financières et intellectuelles (ce que je déplore...) mais aussi de savants travaux (qui me réjouissent...)

 
 2) J'ai été attiré par ces sculptures parce qu'elles représentaient un art vernaculaire encore non étudié, et qu'elles contrastaient avec la sculpture classique hindoue et bouddhiste sur pierre qui a flori dans la même région du XIVe au XVIe siècle, et que j'ai étudiée au cours des mêmes expéditions avec mon collègue népalais Prayag Raj Sharma qui était mon assistant (Voir l'ouvrage de ce dernier Etudes préliminaires sur l'art et l'architecture du bassin de la Karnali, Népal de l'Ouest, Paris, CNRS, 1972).

Je soulignerai que, quarante-cinq ans plus tard, cette statuaire reste tout aussi mystérieuse : voir le récente mise au point de Bertrand Goy et Gisèle Krauskopff, dans Bertrand Goy & Max Itzikovtz, Sculptures de bois au Népal. bouffons et protecteurs, Milan, 5 Continents Editions , 2009 (Distribution Le Seuil/Volumen, Paris), pp.49-73.

 

 

 

1004905_1389576004596968_702525282_n.jpgEric Chazot, Auteur passionné, Spécialiste et Collectionneur (France) :

J'ai vécu au Népal de 1975 à 1988. J'ai été rapidement passionné par l'art Himalayen, notamment l'art classique mais les restrictions d'exportations m'ont rapidement orienté dans mes choix vers des objets tribaux qui semblaient totalement ignorés des ethnologues des musées et même des galeries d'art.

Cette époque a été pour moi un grand moment de découverte des masques dits" primitifs" ou tribaux. Je peux dire sans prétention que j'ai été un élément très important dans la découverte de ces objets qui ont depuis acquis quelques lettres de noblesse et leur entrée dans des musées dont celui du quai Branly.

J'ai commencé a la fin des années soixante-dix à organiser des expositions dans des galeries et des musées et à écrire des articles dans des revues spécialisées. C'est au tournant des années quatre-vingt que les premiers protecteurs chamaniques sont apparus sur le marché de Katmandou de façon assez rare et sans que les marchands népalais sachent très bien de quoi il s'agissait. C'est pourquoi ces objets à cause de leur patine souvent érodée ont été nommés abusivement "protecteurs des fontaines et des sources".

J'ai donc commencé à me renseigner, à faire des expéditions vers les régions desquelles ils étaient censés provenir. Il est à signaler que l'Est du Népal ne recèle pratiquement pas de sculpture sur bois tribale. Les seules exemplaires de sculpture "primitive" ont été pendant longtemps les seuls personnages représentés sur les sommets des phurbus. L'ouest Népal est assez éloigné de Katmandou et il a fallu longtemps pour commencer à comprendre de quoi il s'agissait. Mais la relation de ces sculptures avec le shamanisme est devenue de plus en plus évidente et avec l'apparition du maoïsme népalais de plus en plus de ces objets sont devenus accessibles.

Leur extraordinaire originalité, leur puissance d'expression, les matières et les patines n'ont pas cessé depuis de me fasciner et j'ai écrit plusieurs articles pour des revues spécialisées tout en collectionnant ce type d'objets.

 

 

 


ImageProxy.jpgFrançois Pannier, Spécialiste passionné et propriétaire de la galerie "Le toit du monde" (France) :


1 – Lors de mon premier voyage au Népal, en 1976, je ne connaissais pratiquement rien de l’art tribal népalais. J’étais alors surtout intéressé par l’art classique.
 
C’est un peu plus tard, surtout dans les années 80/81 que j’ai découvert les masques.
 
Il y avait à l’époque  à Kathmandou un ex hippy, Piero Morandi, un vénitien récemment disparu, qui a été parmi les premiers, sinon le premier, à s’intéresser aux masques. Son sens artistique était très grand, l’amenant à créer des modèles de cartons pour des tapis et à faire des recherches afin de retrouver des recettes traditionnelles pour faire ses propres teintures. Son sens artistique lui avait fait percevoir la qualité des ces productions. A ma même période Renzo Freschi de Milan avait fait une collecte intéressante de pièces tribales, masques et objets chamaniques. Il avait par ailleurs collecté, en particulier lors du pèlerinage de Kalinchok, un certain nombre de renseignements et un ensemble photographique conséquent. J’ai fait la connaissance de Renzo Freschi un peu plus tard mais il y avait à l’époque une certaine émulation parmi les étrangers, dont quelques français, pour ce type d’objets.
 
Aller chez les marchands à l’époque permettait de voir un assez grand nombre de pièces, souvent de très belle qualité, à des prix très avantageux.
 
Les marchands  locaux découvrant eux aussi cet art qui a priori leur importait peu sur le plan esthétique mais dont ils percevaient l’intérêt sur le plan commercial envoyèrent des colporteurs dans les montagnes.
 
Un certain nombre de bouleversements des traditions, que notait Corneille Jest par exemple dans l’ouest du Népal, amenèrent les populations à cesser un certain nombre de rituel. Le terrain était alors propice pour collecter masques et objets rituels devenus sans fonction.
 
Petit à petit les masques et objets chamaniques prirent le pas sur mon intérêt pour l’art classique.
 
A l’ouverture de ma galerie en 1984, 80 % des objets étaient classiques. Ce pourcentage s’amenuisa  au fil des ans et en 1989, pour ma première exposition à la Défense sur le sujet avec catalogue, le masque était devenu majoritaire.
 
La statuaire était fort peu présente à l’époque et n’est apparue qu’un peu plus tardivement. Les masques étaient dans un premier temps plus commerciaux et descendre un sac de masques des montagnes était plus rentable et aussi aisé que des grandes statues en bois. La raréfaction des premiers et l’accroissance de la demande provoqua un intérêt certain pour des objets de substitution.
 
 
 
2 – Si l’art classique népalais est connu et ses représentations divines assez codifiées l’art des montagnes interpellait. La part de mystère et d’inconnu qui l’entourait posait des questions.
 
Fréquentant le musée de l’Homme depuis bien longtemps ( j’ai dû y aller pour la première fois vers 14 ans et mes parents habitant entre ce musée et le musée Guimet mes jours de congé me permirent d’y faire de fréquentes visites), les masques africains ou océaniens m’étaient connus. Cependant la force que dégageaient les masques himalayens, la qualité de leur sculpture où pouvaient cohabiter brutalité et raffinement, les mystères concernant leur origine précise, leur histoire et leur fonction, sujet d’ailleurs toujours d’actualité, créa une espèce de fascination que le temps n’a pas émoussé, bien au contraire.
 
Et les objets chamaniques sont eux aussi un perpétuel sujet d’étonnement et d’interrogations.
 
Enfin le sentiment que toutes ces traditions sont en grand danger et qu’il est nécessaire de sauver ce qui peut encore l’être pour la mémoire crée une obsession qui accentue leur intérêt.
 
Le déni de certains chercheurs sur la réalité de ces masques a, par ailleurs, créé un sentiment de rejet de cette théorie et, du même coup, créé un intérêt supplémentaire pour les comprendre.
 
Basé sur l’absence d’informations sur leur fonction et leur origine ces chercheurs, plutôt que de se demander pourquoi ils ne les avaient jamais vu en situation, ont préféré pendant très longtemps privilégié  le doute.
 
Dans leur esprit c’était plutôt une invention de marchands et de collectionneurs.
 
L’évidence de la réalité de ces masques mettait à mal cette théorie et c’est l’acharnement de ces mêmes marchands et collectionneurs qui les ont amené à commencer à revoir leurs théories.

 

 

 

DSC_0394 2.jpgJean-Luc Cortes, Auteur-voyageur passionné et collectionneur (France) :


Un goût prononcé pour l'Aventure, l'appel des grands espaces, l'intérêt porté au tantrisme et des formes de spiritualité propre à l'Asie, des aspirations à vivre avec d'autres valeurs que celles que la société occidentale impose, autant d"éléments qui ont fait que le jeune voyageur que j'étais a fini par se fixer au Népal où du statut de visiteur temporaire je suis passé à celui de résident à demeure pendant toute la durée des années 80.
 
J'y ai exercé pour survivre ce laps de temps diverses activités liées au commerce de bijoux ethniques et de création, de pierres semi-précieuses et d'artisanat.
 
Mais mon orientation a pris un tour différent lorsque j'ai rencontré Piero Morandi, esthète vénitien et personnage incontournable en matière de connaissances des arts newars dans la vallée de Kathmandu d'alors. Son influence via le regard tout à la fois poète et érudit qu'il portait sur les cultures des peuples de l'Himalaya a été pour moi déterminante au point de transformer mon existence. C'est ainsi que je me suis mis à fréquenter les boutiques des marchands d'objets d'arts classiques et tribaux de la capitale népalaise et à la longue établir des contacts avec des autochtones venus en ville afin d'approvisionner ce marché. A force de voir ces sculptures à la beauté singulière et sauvage, issues d'un mode de pensées animistes, j'en suis venu à désirer aller voir de quoi il en retournait sur le terrain, à sa source, le bassin du fleuve Karnali, d'où proviennent ces artefacts ainsi que d'autres, étranges, tels que les masques et autres accessoires en relation avec des pratiques chamaniques. J'ai ainsi longtemps rêvé d'aller un jour contempler les rives du lac Rara et toute la contrée sise entre la cordillère des Shivalik et le plateau tibétain où trône, lieu sacré entre tous, le divin Mont Kailash. Mais cette région, celles des anciens royaumes Khas Malla et des souverains de Gugé, de nos jours toujours difficilement accessible, fut l'épicentre de la guérilla maoïste qui évolua en guerre civile pendant la décennie des années 90 et demeura longtemps troublée jusqu'à bien après. Ce ne fut donc finalement qu'en mai 2008 que je pus enfin me rendre à Jumla et de là jusqu'à ce fameux lac Rara.
 
J'entrepris ensuite deux autres voyages, un chaque année, en divers lieux et sites de l'Ouest du Népal, avant la publication en juin 2011 de l'ouvrage produit avec mon ami co-auteur Jean-Claude Brézillon aux éditions Héritage Architectural intitulé " La Statuaire Primitive de l'Ouest du Népal".
 
Je suis depuis retourné à trois autres reprises, toujours à mon compte et avec les biens modestes moyens que me permet mon auto-financement, arpenter ce territoire de cette zone dite du Far-West, afin de poursuivre mes recherches et satisfaire à la curiosité qu'a provoquée cette passion.

 

 

 

 

IMG_0766n.jpgSam Singer, Collector (California,USA) :


How did you discover Nepalese tribal sculpture/Himalayan tribal arts?
 
 
 My wife Sharon and I are fortunate to have grown up in the San Francisco Bay Area.  Ever since we were both children, there has been a solid foundation of scholars, professors, Peace Corp. workers, and local people in the Bay Area who have traveled the world and helped make an impression on us as young people that carried through to adulthood. This is how we first came into contact with arts from Oceania, Asian, Southeast Asia, the Himalayas, Aboriginal Australian art and African Art.

 The San Francisco Tribal Art and Textile Show that is produced by Caskey Lees has been going on in San Francisco for nearly 30 years.  The show has evolved into one of the most important and interesting tribal art fair in the World, based on the quality, breadth and depth of the objects offered.
 
 About 15 years ago, we were fortunate enough to meet Robert Brundage and his wife Alyson at the S.F. tribal arts show.  We spent a great deal of time in his booth examining the tribal masks, sculpture, ethnographical objects, jewelry and other artworks from the Himalayas.
 
 It was from this encounter with Bob Brundage that one of our two passions (the other being Oceanic/Indonesian art) became a deep interest and love of art from Nepal and Tibet.

 Brundage has been traveling to the Himalayas for 30 years on a regular basis.  He developed a fine eye and understanding of Himalayan tribal arts.  Over the course of the three decades he has traveled, he has seen and purchased many great Himalayan tribal artworks and helped bring significant attention to Nepalese tribal masks, votive/spring figures, as well as focused a spotlight on fantastic smaller items such as tsa tsa, zanpar, endless knots, Nepalese boxes, textiles, and of course, Thogcha and Melong, and beads and other artworks.
 
 I think from the very first time we meet Brundage and his wife we spent more and more time every day at the show at their booth staring, discussing and learning about Himalayan art from him.  We are thankful that we had his guidance in learning about this fantastic art as well as the opportunity to see Tibet and Nepal with him on a trip we all took together a few years ago.
 
 We cannot speak highly enough about Bob Brundage and his devotion and knowledge and love of Himalayan art. Without him, we would have missed seeing into the fantastic tribal cultures that exist in the Nepal and Tibet that have so enriched our lives.  He has a website at: www.artyeti.com.
 
 After meeting Bob, we have spent many years visiting museums (Dahlam in Berlin; Rubin Museum, Metropolitan Museum, Asia Society in NYC; Sackler in DC; Victoria and Albert;  Musée Guimet and Quay Branly in Paris; Asian Art Museum in San Francisco; Crocker in Sacramento; Norton Simon, Fowler, Bowers in Los Angeles, and many special exhibitions around the world to see and learn about Himalayan art.
 
 We were also fortunate to meet and learn from the exhibitions of dealers Thomas Murray, Renaud Vanuxem, François Pannier, Joaquin Pecci, Marcel Nies, Bruce Frank, Jim Willis, Ian Alsop, Frederic Rond, Linda Pastorino, Alex Arthur, Renzo Freschi, the late Joe Gerena, and the wonderful late friend of ours, Angelo Attilio Attili.
 
 
What draws us to Himalayan Tribal Art?
 
 We are in the communications (public relations and political consulting) business as professional communicators for our clients.  All communications must be based on a common understanding that is then individually tailored to meet the needs of the audience and time. This is what is also true of Himalayan art.
 
 The thing that draws us to Himalayan art are several aspects. First, it is the ability of individual tribespeople and artists to take an established form and bring their own individual eye to shape it in their own eye and vision.  Look at Nepalese masks and spring figures as an example of the inventiveness and individual use of the form.  Secondly, it is the many times raw, powerful, yet thoughtful and subtle execution by Himalayan artists that draws us to their works.

 Their belief system, the mixing of Buddhist, Hindu and animist religions and beliefs adds a great deal to the form and understanding of their artworks, as well as to their power, strength and beauty.

 Lastly, the dealers, collectors, and museums that are passionate and love the art of the Himalayas are a special breed and make you love, and enjoy, the people, culture, heritage and art of Nepal and Tibet and India even more.  In recent years, there have been a number of books published by collectors and field collectors of Himalayan art and textiles that have vastly enhanced and educated the field. We hope to see more books, lectures and information as the years go by. 

 
 We hope that others get turned on and get pleasure and knowledge from these art forms in the same manner that we do. Enjoy!

 

 

 

892164_348474455264128_431606858_o.jpgLouis Nierijnck, Dealer, (The Netherlands) :

MY FIRST ENCOUNTERS WITH THE TRIBAL ART OF THE HIMALAYAS, WAS IN THE LATE EIGHTIES ON THE STREETS OF THAMEL AND BASANTHAPUR IN KATHMANDU.
 
IN THAT TIME I WAS WORKING AS A TOUR GUIDE FOR DIFFERENT TRAVEL COMPANIES IN NORTH AFRICA, MIDDLE EAST AND ASIA.
 
BESIDES MY WORK AS A TOURLEADER, I WAS COLLECTING TRIBAL JEWELRY, ETHNIC TEXTILES AND SMALL WOODEN ARTIFACTS AND SOLD THEM TO GALLERIES.
 
AT FIRST I WAS NOT VERY IMPRESSED BY THE PRIMITIVE ART OF NEPAL. MY EYES WERE USED TO AFRICAN ART AND THE BEAUTIFUL OBJECTS FROM INDIA, MIDDLE EAST AND SOUTH EAST ASIA.  
 
THE REASON THAT I WAS NOT SO ENTHUSIASTIC WAS BECAUSE MOST OBJECTS ( MASKS AND FIGURES) WERE MADE FOR THE TRADE, EXCEPT FOR SOME OLD WOODEN AND METAL UTENSILS AND FURNITURE.
 
LATER I CAME IN CONTACT WITH THE LOCAL DEALERS IN KATHMANDU AND SAW THE REAL STUFF!
 
AFTER I GOT THE BOOK FROM MARC PETIT, 'A MASQUE DECOUVERT', REGARDS SUR L'ART PRIMITIF DE L'HIMALAYA, IN 1995 AND SAW THE ARTICLE OF THOMAS MURRAY ON THE COLLECTION OF MORT GOLUB, IN THE SECOND HALI ANNUAL, 'DEMONS & DEITIES', IT BECAME ALL CLEAR TO ME. THIS IS WHAT I LIKE.
 
THE INTENSITY AND STRAIGHTFORWARDNESS OF THE MASKS AND THE ARTISTIC FREEDOM OF THE SCULPTOR OF  PRIMITIVE FIGURES IN CREATING A NEW REALITY.
 
THE BOLDNESS IN WHICH THE OBJECTS ARE MADE. NO COMPROMISES TO ANY WESTERN IDEA OF AESTHETICS. JUST PURE POWER OBJECTS.
 
MAYBE THE MISSING LINK WITH THE PRE-HISTORIC TIME. NOT INFLUENCED BY OTHER CULTURES, LIKE THE TRIBAL ART IN AFRICA. TO BE COMPARED WITH THE PURE ART OF THE INUIT.
 
THE ANIMISTIC AND SHAMANISTIC INTERPRETATION OF HINDUISM IN THE WEST OF NEPAL, THAT IS WHAT APPEALS TO ME.
 
TAKE A PIECE OF WOOD AND CREATE A FROZEN EMOTION OUT OF IT.  WOW, STILL TO BE FOUND OUT THERE.
 
ON TOP OF THAT; A LOT OF REAL AGE & PATINA

 

 

 

dyn001_original_480_640_pjpeg_2638188_81b04bd08055c0a0a64f7ee1b8254f77_2.jpgGian-Marco, founder of the "Ethnoflorence Indian and Himalayan Folk and tribal arts" Blog (Italia/USA):

 I saw them for the first time in a book by Giuseppe Tucci, he called these sculptures 'genius (deus)  loci', that in the ancient roman religion was the term used to designate the protective spirit of a place,  an  intriguing definition, undoubtedly.
 
Then I also remember that during the 80's (the museum entrance was free), I spent whole days at the Ethnographic Museum of Florence were was possible to see the Graziosi collection of materials relating to the Kafiri. Of that collection struck me, above all, the figures of knights, imposing and mysterious.
 
In general I have always been fascinated by the wooden material, and their patina, more attracted  from the wooden Maddalena Penitente  by Donatello that from many marble masterpieces of the same period, so to speak.
 
To return to the 'deus loci', their archetypal and archaic character, makes the style of these sculptures 'universal' rather than 'particular'; a synthetic, essential and  vehement combination of naturalistic and abstract iconographic  elements.

 

 

 

IMG_4561.geaendert-e1382965515850-600x590.jpgJan Friedrich Meyer and Wulf-Uwe Meyer, Collectors (Germany) :

For many years, the two of us had been collecting pieces of tribal art in a rather
unsystematic manner – unsystematic insofar as we did not concentrate on specific
classes of objects or on specific geographic regions. Jan, for example, visited parts
of India in the 1990s where he bought antique wooden folk statues. On several
journeys to Central America, he collected a great number of old textiles on the local
indigenous markets. Wulf-Uwe was interested, for example, in wooden statues
made by Polish laypersons (e.g. farmers or shoemakers) after work; he also
collected older oil-on-masonite pictures of some of the now established Tingatinga
painters from Tansania, and he acquired old wooden objects from Nuristan.

Although all the objects we had collected were quite diverse with respect to
material, function, or regional origin, they shared two common characteristics: First, from a subjective perspective, they attracted us immediately. We did not consciously reflect on the formal or any other aspects of the objects. We just liked them. Second, from a systematic perspective, all these objects were pieces of art (at least in our eyes) made by artists who had no formal art training. The layman's fresh and unsophisticated approach to the production of the objects gave them a specific quality which may (unsufficiently) be described as one of originality and uniqueness.

About ten years ago, Jan came across a wooden statue from West Nepal for the first time. It was a rather small object with a wonderful outdoor patina; a charming statue of a sitting individual, its hands joined vertically in the typical Namaste position. This object fitted our previous collecting preferences: Both of us were immediately attracted by the touching naivety of the statue which, in our eyes, was made by a non-professional artist.

The statue impressed us so much that, after some time, we decided to join our collecting activities and to concentrate on tribal art from Nepal with a main focus on wooden sculptures. Over the years we have built a rather modest collection of wooden sculptures from West Nepal.

 

 

IMG_1236.JPGAndrea Mordacci, collector (Italy) :

Ho scoperto l' arte Tribale Himalayana per caso, quando ero ancora uno studente liceale; curiosando su una bancarella di libri usati mi capitò di acquistare "il volume" di GiuseppeTucci. Ricordo di essere restato affascinato ed incuriosito dalle foto di quelle strane figure lignee che trovavo simili alle grandi sculture Kafire portate in Italia, a Firenze, da Paolo Graziosi negli anni '50.
 
Negli stessi anni ho avuto la fortuna di conoscere e frequentare, come amico, un ex monaco toscano, purtroppo recentemente venuto a mancare, che del Nepal aveva fatto la sua vita, Giuseppe Lampis.
 
Lampis, che tutti oggi, a Kathmandu come a Firenze, conoscono e ricordano famigliarmente con il soprannome di Peppino, viaggiava in Nepal dal lontano 1973 e, dai primi anni '80, aveva iniziato una piccola attività di vendita di vecchi oggetti folk himalayani.
 
Proprio Peppino mi fece conoscere ed apprezzare le prime maschere nepalesi.
 
Solo nei primi anni Novanta sono riuscito a raggiungere Kathmandu; in quel viaggio comprai le mie prime sculture dell' Ovest ma, soprattutto, iniziai a dedicarmi al Sud Nepal, ai Tharu.
 
I miei viaggi in Nepal si sono susseguiti fino al Duemila poi, per anni, mi sono dedicato a studiare e catalogare i miei vecchi acquisti. Solo dopo la morte di Peppino, avvenuta improvvisamente nel Luglio del 2010 a Kathmandu , dove è stato cremato a Swayambunath , ho cominciato nuovamente a viaggiare attraversando le regioni di Dang, Jajarkot, Salyan e Rukum nel tentativo di capire qualcosa in più su stili e funzioni delle opere che avevo acquisito.
 
 
Credo che l' interesse che quest' "Arte" ha destato in me sia legato al fascino del tentativo primordiale, spesso incolto, dei "popoli" nepalesi nel rappresentare ed esorcizzare il trascendente e renderlo sostanza, facendolo trasparire da immagini spesso "rozze ed infantili" ma capaci di rivelare l' innata necessità dell' uomo di credere in uno spirito che possa emergere e mostrarsi nella materia .

 

 

 

FRpic.jpgFrédéric Rond, propriétaire de la galerie "Indian Heritage" (France) :

1) J'ai découvert les arts tribaux de l'Himalaya lors d'un voyage au Népal en 1999. J'y ai acheté mes premiers protecteurs.
 
2) La sculpture primitive népalaise m'a attiré car elle va droit au cœur, sans filtre ni conditionnement.

 

 

 

 

 

200913.jpgIvan Figuères, Collectionneur et ancien marchand (France) :

J'avais déjà une vague connaissance de l'art du Nagaland ainsi que de l'art populaire folklorique du nord de l'Inde, mais c'est au cours de mon 2eme ou 3eme  voyage au Népal qu'un ami collectionneur d'art africain avisé ma montré la beauté de ces objets primitifs qui se cachaient parmi les horreurs  et brocantes à touristes,les prix étaient modiques et les pièces authentiques quoique de qualité moyenne...j'ai été séduit immédiatement par ce qu'elles dégageaient de mystère et d'interrogations, comme la chasse aux trésors tibétains devenait dispendieuse je me suis tourné  vers ces objets rituels en privilégiant les idoles plutôt que les masques dont je n'étais pas tjrs sûr de leur sincérité...

Je me suis formé lors de mes voyages, en achetant à l'instinct , avec des critères d'esthétique, de patine et de cohérence quand à leur fonction...étant plus passeur d'objet que collectionneur accumulateur j'ai décidé d'en faire commerce autour de 2005 parmi d'autres choses de l'Himalaya.fin 2012 j'ai mis cette activité en sommeil, les bonnes pièces se faisant rares et les copies plus ou moins habiles envahissant le marché ( encore restreint ) les prix échappant à toute logique d'offre et de demande car aux mains de personnes guère scrupuleuses ou peu compétentes (vente en ligne....).
 

 Pourquoi  cette attirance? difficile à exprimer la séduction, la charge émotionnelle que dégagent de vraies pièces, je les crois chargées de mémoire et d'histoires,dont les origines remontent à des milliers d'années, témoins de vies difficiles mais saines, instruments de protection et guérison, remparts propitiatoires contre ou auprès des forces cosmiques, des démons et des esprits. Je dois avouer que j'ai parfois très mal cohabité avec certaines pièces perturbantes, voire toxiques....je trouve qu'une bûche de bois anthropomorphe , piquée de trous de vers, patinée, mutilée, vénérable peut m'émouvoir d'avantage qu'une perfection académique occidentale, une pièce fausse si esthètique et réussie qu'elle soit n'aura jamais cette "âme" que lui confère l'âge et le vécu d'un objet authentique, l'ancienneté n'étant pas toujours la meilleure des qualité, ce qui compte le plus c'est la "présence" de  l'objet, son aura.....mais la course au trésor continue...

 

 

09:45 Écrit par David Van der Elst | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |